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SPe October 15, 2005

Le napalm a été rayé du vocabulaire du Pentagone, mais...

Les marines utilisent-ils du napalm en Irak? Les allégations se font de plus en plus insistantes. Le quotidien turc de gauche Birgün a recueilli des témoignages de réfugiés qui ont fui la ville de Tall Afar, cible d'une offensive US à la mi-septembre. «Quand l'attaque s'est terminée, nous nous sommes rendus sur place et nous avons trouvé une centaine de cadavres littéralement carbonisés. Nous avons appris par la suite que les forces américaines avaient lancé du napalm», a raconté l'un de ces réfugiés.

«Nous avons connaissance de ce genre d'informations mais sans pouvoir les confirmer», affirme Jonathan Pike, directeur de GlobalSecurity.Org, un institut étasunien d'études militaires. Nul doute, en revanche, que l'armée US a eu recours au napalm alors qu'elle marchait sur Bagdad au printemps 2003.

Le Pentagone avait d'abord nié affirmant avoir détruit tous ses stocks en 2001. Finalement, des officiers de l'US Air Force ont lâché le morceau. «Nous avons bombardé au napalm les approches [d'un pont]. Malheureusement, il y avait des gens qui se trouvaient là. On pouvait les voir sur notre écran [dans le cockpit]. C'étaient des soldats irakiens. Ce n'est pas une super manière de mourir. Les généraux adorent le napalm. Cela a un grand effet psychologique», a détaillé l'un d'eux.

Le Pentagone a rayé le mot napalm de son vocabulaire. Le terme rappelle trop le Vietnam. Les militaires préfèrent parler de «bombes incendiaires». Car, disent-ils, le mélange employé n'est plus tout à fait le même. «Cette distinction est stupide. Il s'agit bien de napalm», réagit M. Spike.

Les Etats-Unis ont également menti à leur allié britannique. Mais le ministre de la défense de Tony Blair ne l'a admis qu'en juin de cette année, soit après la réélection du premier ministre. D'où les interrogations de plusieurs députés sur d'autres bombardements présumés au napalm, notamment sur Falloudjah. Washington nie en bloc.

Par contre, l'armée US ne fait pas mystère de l'utilisation de bombes incendiaires au phosphore blanc. Cette substance est très toxique, même si les blessures infligées par le napalm – le kérosène brûlant colle à la peau des victimes – sont encore plus graves.

Le droit international n'interdit pas les armes incendiaires, il en limite le recours contre les seules cibles militaires. Mais les bombes au napalm ne sont pas précises. SPE

 


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