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SDA - Service de base francais December 26, 2003

La guerre en Irak a affaibli la lutte contre le terrorisme

Eclairage Par Deborah Pasmantier, afp

SOURCE: ATS; AFP

By ZJ

La guerre en Irak a favorise l'emergence d'un nouveau front terroriste proche de la mouvance al-Qaida, estiment des experts. Mais, en se focalisant sur ce combat, Washington neglige les autres reseaux de talibans en voie de constitution ailleurs dans le monde.

Les forces speciales americaines ont fini l'annee sur un succes avec l'arrestation de Saddam Hussein. Mais les experts doutent que l'ex-dictateur irakien ait eu de quelconques liens avec al-Qaida. Et Oussama ben Laden, s'il est vivant, court toujours, tandis que les attentats terroristes ont continue de frapper et que les talibans ont repris l'offensive en Afghanistan.

Dans son rapport rendu debut decembre, la commission d'experts de l'ONU supervisant la lutte contre al-Qaida note que cette annee "l'ideologie d'al-Qaida a continue a s'etendre". L'Irak est "devenu un terrain fertile" pour l'organisation de ben Laden et il "est facile a ceux qui s'en reclament de s'y rendre pour se battre contre les forces de la coalition", ajoute-t-il.

Abces de fixation

La guerre en Irak, en creant un abces de fixation, a "exacerbe les passions radicales et accru le pouvoir de recrutement de la mouvance al-Qaida", selon le rapport annuel de l'Institut international d'etudes strategique (IISS).

En effet, depuis l'annonce de la fin de la guerre en Irak le 1er mai, les attaques de plus en plus sophistiquees se sont multipliees dans ce pays, encouragees par al-Qaida et ourdies parfois avec l'aide de jihadistes.

"Ces attaques sont directement le produit de la guerre: il y a tout un lot de reseaux dormants qui, dopes par le bourbier irakien, ont decide de commettre des attentats", note Dominique David de l'Institut francais des relations internationales (IFRI). Les uns s'inscrivent dans une logique globale contre l'Occident, les autres regionale contre le regime en place, souligne-t-il.

Ailleurs, l'offensive reprend

Dans le meme temps des attentats etaient perpetres a Casablanca (mai, 45 morts), Djakarta (aout, 12 morts), Ryad (mai, 35 morts et novembre, 17 morts) ou Istanbul (novembre, 62 morts). Ils ont ete attribues au Maroc a des groupuscules islamistes locaux, en Indonesie a une succursale presumee d'al-Qaida (la Jamaah Islamiyah), a al-Qaida en Arabie saoudite et en Turquie.

Parallelement, les talibans - nouvelles recrues et anciens combattants issus des madrassas (ecoles coraniques) et camps pakistanais - ont repris l'offensive dans le sud-est de l'Afghanistan.

Les specialistes americains du terrorisme reconnaissent desormais, comme Patrick Garrett de GlobalDefense.org [GlobalSecurity.org], qu'Al-Qaida table sur le fait que "l'attention des Americains est presque exclusivement tournee vers l'Irak" pour commettre des attentats ailleurs.

Mettre des priorites

Le premier ministre pakistanais, Zafarullah Jamali, a recemment deplore que les Etats-Unis se soient trop disperses dans leur lutte contre le terrorisme. Selon des experts francais, plus qu'une dispersion, il s'agit de l'application de la logique des neo-conservateurs, influents a Washington, qui ont une vision a long terme au Moyen-Orient, contrairement a l'Asie centrale.

"Un 'talibanestan' se reconstitue", analyse Olivier Roy, chercheur au CNRS. "Les organisations (terroristes) sont basees au Pakistan, les jeunes volontaires (jihadistes) vont a Karachi aujourd'hui", selon lui.

"Mais pour les neo-conservateurs chercher des islamistes entre Quetta et Peshawar est un travail de Sisyphe inutile. Ce qu'ils veulent, c'est couper les tetes, instaurer la democratie et attendre l'effet domino" dans la region, poursuit-il.


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